Energie et développement durable

Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’assiste à des conférences pouvant porter sur des thèmes d’actualité. Effectivement, celle que je relate ici traite d’un sujet on ne peut plus d’actualité !

Tous les chiffres cités sont référencés par les instances officielles, et notamment par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

 


Comme je l’ai indiqué dans mes comptes-rendus précédents, les propos que je rapporte ici sont ceux que j’ai entendus pour lesquels je ne prends aucune position ;-) Ces données, officielles, me semblent intéressantes dans le cadre des débats actuels sur l’énergie.


Le pétrole

Les énergies fossiles représentent 80 % de la demande d’énergie. 80 millions de barils sont produits par jour, la France en consomme 2 millions par jour et représente le 5ème importateur.

La France assure la sécurité de ses approvisionnements en les diversifiant : elle importe du pétrole de Russie (16 %), de Norvège (15 %), d’Arabie Saoudite, du Royaume-Uni, d’Iran, du Kazakhstan, de Libye, d’Algérie, du Nigéria, d’Angola. Elle importe des produits raffinés de Russie (21 %).

Les réserves dans le monde sont, comme chacun le sait, très concentrées au Moyen Orient. 35 % du pétrole sont aux mains des compagnies pétrolières, les pays producteurs maintiennent leur domination sur les réserves. Les pays consommateurs sont très dépendants des pays de l’OPEP ; la situation est très tendue en raison de la surconsommation par rapport à la demande.

Depuis plus de 20 ans, les découvertes ne compensent plus la production, on consomme plus de pétrole conventionnel que l’on en découvre. Il convient cependant de garder à l’esprit l’énorme potentiel des ressources non conventionnelles (gaz liquéfié, huiles lourdes, …) qui pourrait être progressivement mobilisé, sous réserve de maîtriser l’effet environnemental. Les tensions sont plutôt le reflet d’un manque d’investissements de production dans le monde.

Afin d’équilibrer le marché mondial et assurer une certaine sécurité des pays consommateurs, des stocks stratégiques sont mis en place. C’est ce qui a permis par exemple de soutenir le marché lors de la guerre d’Irak ou de l’ouragan Katrina.

Les stocks sont estimés à 40 années de consommation. Il s’agit d’une ressource finie, il faut donc développer des politique de réduction de la consommation. Actuellement, 35 % du pétrole est récupéré dans un champ pétrolifère. Il est nécessaire d’améliorer l’extraction en mer profonde. Les pétroles non conventionnels sont très lourds, plus visqueux, plus difficiles à récupérer. Il faut autant d’énergie pour l’exploiter que ce qu’on en retire.

Le gaz

Le transport du gaz comme son stockage sont complexes. Les importations se font par gazoduc ou par voie maritime sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), dans un marché régional. Le transit par des pays tiers est parfois difficile. Plus de 90% de l’approvisionnement français est basé sur des contrats de long terme (supérieurs à 15 ans) avec les principaux pays producteurs : Norvège (23 %), Russie, Pays-Bas, Algérie… Les réserves sont très concentrées au Moyen Orient, au Qatar, en Russie, en Iran.

Le stockage du gaz est très coûteux. Le GNL représente environ 25% de notre approvisionnement. En France, nous disposons de 3 mois de stockage, permettant de répondre aux pics de consommation en hiver.

D’où provient notre électricité ?

L’énergie nucléaire représente 78 % de la production d’électricité, 12 % sont produits par l’hydroélectricité. Ces deux sources nous donnent une indépendance énergétique de 50 %, sans émission de gaz à effet de serre, la France consommant moins d’énergie fossile que les autres pays européens, même si l’on peut regretter que le transport de l’énergie soit dépendant à 95 % des énergies fossiles.

Quant à l’habitat, le chauffage dépend très fortement des importations d’hydrocarbures.

La dépendance de l’Union européenne

En ce qui concerne le pétrole, en 2030, pour son approvisionnement, l’Union sera dépendante à 95% de l’extérieur (75% aujourd’hui). En 2020, la majorité des importations proviendra du Moyen-Orient.

Pour le gaz, en 2030, pour son approvisionnement, l’Union sera dépendante à 80% de l’extérieur (50% aujourd’hui). La majorité des importations arrivera de Russie, d’Algérie et de Norvège.

La loi du 13 juillet 2005

Les objectifs de la loi de 2005 fixant les orientations de la politique énergétique sont entre autres :

  • de contribuer à la compétitivité économique du pays,
  • de renforcer la sécurité d’approvisionnement (50 % de notre énergie doit être produite en France),
  • de préserver l’environnement (réduire de 50 % nos émissions de CO2 d’ici 2050),
  • d’affirmer un droit à l’énergie à un prix raisonnable pour l’ensemble de nos concitoyens.

Les axes d’action définis par la loi de 2005

  • maîtriser la demande d’énergie,
  • diversifier les sources d’approvisionnement,
  • développer la recherche,
  • assurer des moyens de transport et de stockage adaptés aux besoins,
  • limiter les pollutions associées à la production ou à la consommation d’énergie.

Les nouvelles technologies : quelques idées dans le débat

  • pour développer les énergies renouvelables et assurer son indépendance, l’Allemagne va reprendre la construction de centrales thermiques ;
  • il est nécessaire de mettre au point une solution de gestion durable pour les déchets radioactifs ;
  • toutes les semaines se construit en Chine une centrale thermique ; la Chine veut construire 2 centrales nucléaires par an.

Energie et développement durable

  • si tout le monde vivait comme un Américain, il faudrait 5 planètes pour assurer les besoins ;
  • certains parlent de responsabilité commune entre les pays développés et ceux qui sont en voie de développement, mais il faut noter que ce sont les pays du Nord, qui les premiers, ont conduit le développement qui met en cause l’avenir de la planète ;
  • il est nécessaire de mettre l’accent sur l’intérêt commun entre développement durable et développement économique et social au niveau local et appréhender la lutte pour l’environnement comme étant bénéfique au développement

Croissance des pays en développement

  • on peut certes noter un recul de la pauvreté d’un milliard de personnes en Asie, mais également un creusement des inégalités en Afrique subsaharienne, avec une augmentation d’1/3 de la population pauvre ;
  • les savoirs progressent en Asie mais reculent dans la CEI et en Afrique subsaharienne.

Accès à l’énergie

  • les pays du G8 consomment plus de 50 % de l’énergie alors qu’ils représentent 6 % de la population ;
  • 1,6 milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité ;
  • 1/3 des habitants de la planète n’a aucun accès à l’énergie moderne, avec pour conséquence par exemple qu’on ne peut pas conserver des vaccins au frais et donc dévleopper les campagnes de vaccination ;
  • avec l’augmentation du niveau de l’eau, des états risquent d’être submergés avec pour conséquence le retrait des côtes, de nouveaux itinéraires maritimes ;
  • avec la réduction de la quantité d’eau douce, 200 millions de personnes risquent d’être déplacées d’ici 2050 ; des tensions croissantes pourront se produire pour l’accès aux ressources énergétiques ;
  • en Afrique subsaharienne, les cultures dépendent des pluies ; le dérèglement climatique pourra avoir comme conséquence une augmentation des inondations, la remise en cause de la biodiversité, une dégradation sanitaire (avec le développement du paludisme par exemple), des forêts plus vulnérables aux incendies, des tensions croissantes entre éleveurs et populations sédentaires,…

14 mai 2007


Ecrit par Lise - Site
Mot(s)-clé(s) ,

Un commentaire

Ecrire un commentaire»
  1. Léa

    Ne vous faites pas d’illusions à propos des pétroles non conventionnels. Leur production restera toujours très limitée, qu’il s’agisse des sables bitumineux, des agrocarburants ou autres.

    Toutes sources comprises, la production de pétrole à sans doute atteint son maximum dans le monde, vous savez : le peak oil.

    Trois patrons de grandes compagnies pétrolières ont commencé à l’avouer récemment à Londres. En arrondissant les angles et sans trop en dire. Lorsque le cours des actions est en jeu, la vérité a des limites.

    Donc, la production annuelle de pétrole va diminuer, assez rapidement semble-t-il (deux fois moins en 2030).

    Quelques documents de référence sur la question : http://futura24.site.voila.fr/energie/ewg.htm et d’autres belles pages sur le même site.

    Un peu après le pétrole, ce sera le tour du gaz et de l’uranium (nourriture de base du nucléaire) et pour finir du charbon.
    Attention aux factures d’électricité.

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera jamais rendue publique ni utilisée.

*Si vous écrivez un commentaire ici pour la première fois, celui-ci ne sera publié qu'après validation par un administrateur du blog. Ne l'envoyez pas plusieurs fois !
*Bien sûr, tout commentaire injurieux, publicitaire ou spam sera supprimé.
*C'est à vous maintenant !

(obligatoire)
(obligatoire)
(obligatoire)

Laisser ces deux champs tels quels :

Protégé par Invisible Defender.

Protected by WP Anti Spam


  • Mentions légales
    Les différents éléments du Blog de Lise restent la propriété de leur(s) auteur(s) respectifs.


Connexion à WordPress protégée par Clef